Et si la montée en puissance de l’intelligence artificielle était un signe positif pour l’humanité ? C’est l’avis assumé de Sam Altman (Y Combinator), qui a tenu à détailler son point de vue lors de la dernière édition du New Work Summit organisé par le New York Times il y a quelques semaines de cela.

Le marché du travail impacté en profondeur

A seulement 33 ans, Sam Altman présidait il y a encore quelques jours de cela l’incubateur Y Combinator. Co-fondateur avec Elon Musk d’OpenAI, l’association de recherche à but non lucratif en intelligence artificielle, Altman a donc un avis tranché sur la question de l’IA, et sur la façon dont cette science va impacter le marché du travail : « Des catégories entières d’emplois vont disparaître, et ne jamais revenir. […] Les radiologues sont d’ores et déjà moins efficaces que les machines. Si je devais faire le choix de qui entre un humain et une intelligence artificielle lira mon IRM, je prendrais l’IA. » L’hommes d’affaires va même encore plus loin : « Il y a un vrai sens désormais – nous ne sommes pas assez nombreux pour couvrir tous les emplois -. […] Ce serait génial si chaque étudiant avait un professeur individuel. Ce serait génial si chaque fois que vous allez chez le médecin, vous n’auriez plus à patienter. Je pense que nous allons voir de plus en plus d’emplois de ce genre. »

Des limites actuelles de l’intelligence artificielle

Confiant quant à la création d’une « super intelligence » grâce à l’IA, Altman fait un lien direct entre la création d’emplois personnalisés et l’abondance matérielle qui en découlerait : « Nous devons nous préparer à un monde où le produit mondial brut augmente de 50% par an sur plusieurs décennies. […] Il y aura moins d’emplois, mais la richesse mondiale va bondir en flèche. Il y a encore énormément de chose que nous devons découvrir, la façon dont les gens trouvent du sens, mais la richesse mondiale ne sera pas un problème. » Une analyse qui porte évidemment au débat, certaines voix s’étant déjà élevées pour souligner l’hypothèse de profiter d’un produit mondial brut certes en hausse, mais de demeurer dans l’incapacité de gommer les inégalités actuellement constatées. Plus encore, il apparaît encore très (trop ?) ambitieux d’imaginer l’IA se positionner sur de nombreux emplois. Forbes l’évoquait il y a peu : « Les capacités de l’intelligence artificielle et du machine learning s’améliorent d’années en années. Pourtant, il existera toujours des tâches réclamant des qualités difficiles, voir impossibles à imiter avec la technologie. Comme la créativité, l’empathie et la conscience émotionnelle» Les pilotes de ligne, les métiers d’artisanat, de la cybersécurité, de gestion du personnel, seraient de bons exemples. En guise de conclusion, Sam Altman évoquera les côtés sombres de l’IA, faisant malgré tout le choix de mettre en avant de belles promesses : « Ce peut être super, nous avons le potentiel pour éliminer la pauvreté, résoudre le problème du changement climatique, soigner de nombreuses maladies, offrir une éducation à toute personne dans le monde. »