L’open space ne serait en réalité pas la panacée promise pour accentuer les collaborations. Ce serait même tout le contraire, à en croire les conclusions d’une étude diligentée par deux éminents professeurs de Harvard.

Quand l’open space réduit les échanges de vive voix

Menée par Stephen Turban et Ethan Bernstein, deux professeurs de la renommée Harvard Business School, cette étude se charge de mettre en exergue les manquements de l’open space. Et plus particulièrement en terme de communication entre les salariés qui les occupent. En fait, ces espaces ouverts auraient tendance à grandement favoriser les échanges électroniques, soit les envois de mails et messages instantanés. Et ce au détriment des échanges de vive voix.

Pour en arriver à de telles conclusions, les deux professeurs ont équipé d’un microphone quelques 52 employés évoluant dans différents services (des RH aux commerciaux) d’une entreprise américaine du Fortune 500. Le but de la manoeuvre ? Quantifier les échanges et le nombre d’interactions entre collègues. Des tests ont été menés dans différentes configurations des espaces : bureaux privés, open space, etc. En résulte au final qu’une fois les employés installés dans une configuration style open space, le nombre d’interactions en face-à-face chute de 73%, tandis que le nombre d’emails envoyés bondit de 67%. Le nombre de messages instantanés lui, évolue encore plus, de l’ordre de 75%.

Les habitudes de travail bouleversées, l’open space remis en cause ?

En réalité, c’est une volonté de changement des habitudes qui est soulignée ici. Pour faire un parallèle avec les conclusions de Stephen Turban et Ethan Bernstein, notons que selon une autre étude, cette fois menée par l’entreprise spécialisée dans le conseil en immobilier d’entreprise JLL, 24% des espaces de travail seront flexibles en 2020 (contre 13% en 2018), et 61% des entreprises souhaiteraient accroître la flexibilité et l’agilité pour améliorer l’expérience de travail.