Jason Bougneux Les Nouvelles Recrues
Recrutement 15 September 2020

Jason Bougneux (Les Nouvelles Recrues) : « La marque employeur est le secret d’un recrutement durable »

Les chiffres sont éloquents : selon une étude publiée par Stepstone, 95% des candidats iraient se renseigner sur leur employeur potentiel avant de postuler. Un constat qui pousse à réfléchir en profondeur une marque employeur solide, « multitude de micro-actions qui font un ensemble » selon Jason Bougneux, fondateur du collectif de recruteurs indépendants Les Nouvelles Recrues : « Aujourd’hui, ce qui fait que les cabinets de recrutement ont autant de travail, c’est parce que les entreprises n’arrivent pas à être attractives. Et ça passe par des choses toutes bêtes : proposer un site carrière intuitif, établir clairement, dès les premiers échanges avec les candidats, ce qui va se passer et ce qui ne va pas se passer, et d’une manière plus générale, jouer la transparence. Le fait d’être transparent permet d’aborder des points plus complexes en décalant la charge mentale. La marque employeur représente un vrai challenge. C’est un temps que l’on passe à développer des choses dites « invisibles ». Quand les RH commencent à réfléchir à leur marque employeur de manière générale, c’est compliqué. C'est difficile à quantifier et ça peut prendre quelques heures comme plusieurs années. »

Des talents convaincus dès leur intégration

C’est aussi là un levier à actionner afin de capter des talents convaincus dès leur recrutement, et peut-être même plus en amont encore : « La marque employeur est un vrai sujet RH, et c’est selon nous le secret d’un recrutement durable. C’est s’assurer que la personne qui va prendre son poste est sûre de son choix et que ce choix a été motivé par les bonnes raisons. […] Il faut, avant même avoir rencontré les personnes, que le candidat ait à disposition des informations qui vont l’aider à la prise de décision. Ce n’est pas simple : beaucoup d’entreprises ont la tête dans la guidon en ce moment, la marque employeur peut donner l’impression d’être un sujet secondaire, alors qu'elle répond à un sujet primaire essentiel à la survie de l’entreprise. » 

En guise de facteur différenciant, Jason Bougneux revendique une implication dans le process d’intégration des collaborateurs fraîchement placés : « Nous essayons autant que faire se peut d’éviter l’ingérence mais d’être malgré tout présents dans le process d’intégration. Nous faisons en sorte que l’entreprise n’ait plus qu’à rencontrer le candidat, pour lui proposer par la suite un suivi d’intégration. Concrètement, cela signifie que nous allons appeler tous les 10/15 jours le collaborateur fraîchement intégré afin de s’assurer qu’il a toutes les armes à disposition pour mener à bien sa nouvelle mission. Nous faisons cela pour une raison simple : nous nous sommes rendus compte que l’un des points de tension dans un parcours d’intégration, c’était ce biais cognitif, de communication, qui fait que la personne nouvellement arrivée dans l’entreprise n’avait pas forcément tous les éléments à disposition. Et souvent, ça se joue sur une discussion de 5 minutes. L’idée était de minimiser ces biais de communication et de permettre aux entreprises de profiter de recrutements durables. »

Les Nouvelles Recrues, un positionnement revendiqué

Créé en janvier 2020, Les Nouvelles Recrues aborde le recrutement avec quelques subtilités qui lui sont propres : « Nos process sont assez proches de ceux d’un cabinet de recrutement traditionnel. La différence, c’est que nous sommes tous indépendants et que nous avons vocation à apporter un peu plus de réactivité, puisque nous avons moins de contraintes organisationnelles. Pour vous donner un exemple, si j’ai un candidat qui va uniquement pouvoir me parler à 14h un dimanche, c’est à moi de décider si je lui réponds. Nous avons voulu miser sur des outils qui nous font gagner du temps sur la partie process. Sur la partie approche, nous avons essayé d’automatiser tout ce qui était automatisable sans pour autant passer pour des robots, mais simplement pour favoriser l’interaction avec l’appel au clic, l’appel au rendez-vous, pour se concentrer sur ce qui est essentiel. » 

Des dissemblances sont également à noter vis à vis de la facturation et de la sacro-sainte commission, comme nous l’explique Jason Bougneux : « J’ai toujours trouvé un peu hypocrite la notion de pourcentage à la rémunération brute annuelle, et ce pour une raison simple : si demain, un client me confie un budget de 30 000 euros pour un candidat mais que je lui trouve le candidat idéal à 33 000 euros, il fera peut-être l’effort de rallonger son enveloppe, mais il va aussi devoir prendre en compte ma commission qui augmente. Ce fonctionnement peut développer quelques dérives, la maximisation des salaires du marché, par exemple. De fait, nous avons mis en place des tarifs uniques pour tous les postes, pour toutes les entreprises, sans aucune distinction. »

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