C’est une question qui revient régulièrement : à terme, le robot finira t-il par remplacer l’humain ? Nombreuses sont les études à tenter d’établir des prévisions : certaines avancent une disparition de la moitié des emplois existants actuellement, d’autres, plus prudentes, avancent le chiffre de 10% d’emplois en péril, ou tout du moins voués à subir une transformation en profondeur. Plus pragmatique dans son approche, l’Institut Sapiens dresse une liste des 5 métiers directement menacés par l’intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle, une menace directe quels métiers ?

Relayée dans les colonnes du Parisien, cette étude menée par l’Institut Sapiens s’appuie sur les chiffres fournis par la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES, une administration qui dépend directement du Ministère du Travail). A partir de là, le think tank a passé en revue les effectifs des différentes familles d’emplois entre 1986 et 2016.

Le constat développé par cette étude est le suivant : 2,1 millions d’actifs « ont une forte probabilité de voir leur emploi disparaître dans les prochaines années ». Plus précisément, 5 métiers ont de grandes chances d’être chamboulés, voir de complètement disparaître. Les emplois de secrétaires de bureau et de direction pourraient définitivement appartenir au passé d’ici l’année 2072, tandis que les employés de la comptabilité pourraient se retrouver sans emploi entre 2041 et 2056, lorsque « des logiciels intelligents dédiés pourront […] effectuer les tâches comptables sans intervention humaine ».

Même constat pour les employés de banques, dont les postes devraient être supprimés à l’horizon 2072. Les employés d’assurances, eux, verraient leurs postes s’éteindre d’ici 2038. Il faut dire que pour ces deux derniers secteurs, les effectifs ont diminué de 40% sur les trois dernières décennies. Ils étaient 356 000 en 1986, et 221 000 en 2016. Les caissiers et employés libre-service, dont les effectifs ont chuté de 6% en 30 ans (mais de 15% depuis 2004), seraient remplacés les caisses automatiques et autres technologies dérivées entre 2050 et 2066. Etrangement, les ouvriers de la manutention ne sont pas les plus menacés par la généralisation de l’I.A. dans le monde du travail. Ce métier pourrait disparaître entre 2071 et 2091. La raison est simple, comme l’explique le rapport : « le coût de la main-d’oeuvre est faible », permettant une marge importante.

Une anticipation indispensable

Comme l’explique Erwann Tison, directeur des études de l’Institut Sapiens, « L’accélération technologique de ces dernières années témoigne de la force de la révolution digitale qui bouleverse notre société. Cette lame de fond fait disparaître de nombreux emplois, sans que l’actif occupant puisse toujours l’anticiper suffisamment tôt. […] La vague digitale qui engloutira de nombreux emplois risque d’être socialement néfaste si elle n’est pas anticipée. Ne pas prévoir les métiers qui vont disparaître, c’est risquer une aggravation du taux de chômage et donc un déséquilibre critique de nos comptes sociaux. »