Guillaume de Villèle, fondateur du cabinet de freelance digital Ontrust, apporte sa vision pour bien collaborer avec un freelance dans la durée.

Remettre de la confiance dans le digital, un pari exigeant mais essentiel

Parmi les grands défis encapsulés dans la problématique Future of Work, la collaboration entre freelances et entreprises est sans doute celui qui revient le plus régulièrement. Au moment même où les meilleurs talents font de plus en plus le choix de l’indépendance, il devient compliqué pour les entreprises de recruter des profils pointus en CDI. Face à cette évolution, des services viennent combler une nouvelle demande, en prenant des formes différentes. En marge du portage salarial ou de la plate-forme de mise en relation entre freelances et entreprises se trouve une alternative : Ontrust.

Ni cabinet de consulting, ni cabinet RH, ni SSII, la firme créée en 2009 se réclame d’un format hybride comme l’indique Guillaume de Villèle, son fondateur : « Nous sommes à la fois un cabinet de conseil, une SSII, et un cabinet de recrutement : nous trouvons des solutions pour les entreprises ayant le besoin de recruter, de trouver des solutions temporaires de recrutement. Nous sommes tout cela à la fois et j’insiste sur l’importance de notre nom : Ontrust. Notre démarche est de remettre de la confiance dans le marché du digital, et notamment dans les relations de travail. Notre nom porte nos valeurs. C’est notre exigence vis-à-vis de nos freelances et notre accompagnement qui nous permet de garder des consultants fidèles. Comme, les indépendants ont la possibilité de nous quitter du jour au lendemain, nous nous devons de tendre vers cela ».

Guillaume de Villèle Ontrust

En se spécialisant dans le domaine du marketing digital, Ontrust se donne pour objectif de placer des experts des métiers digitaux « sur des missions de 15 jours ou plusieurs mois ». Cette opportunité de flexibilité permet aux entreprises de limiter leurs risques lors de la recherche des talents. Celles-ci ont ainsi à portée de main un vivier de profils qualifiés, et peuvent en même temps cadrer leurs dépenses.

La question du coût, désormais secondaire ?

Le prix facial d’un consultant est à mettre au regard de son efficacité et de l’ensemble des paramètres. Les freelances permettent d’avoir de vrais spécialistes pour des tâches précises et limitées dans le temps. In fine, c’est une vraie économie de travailler avec les meilleurs.

Même si la question du coût au jour/homme passe désormais au second plan : « A un moment donné, ce n’est plus une question de coûts. […] Même si le freelance est plus cher qu’un salarié à la journée, l’enveloppe engagée est moindre que celle qui aurait pu être dédiée à du conseil, et in fine à un salarié. Chez Ontrust, nous facturons entre 10 et 20% du montant du freelance. De ce fait, nous sommes bien moins onéreux qu’un cabinet de conseil ou qu’une SSII, et même que beaucoup de plateformes. Et même si le freelance est plus cher qu’un salarié à la journée, l’enveloppe engagée est moindre que celle qui aurait pu être dédiée à du conseil, et in fine à un salarié. Mais, il ne faut vraiment pas qu’il y ait de mépris sur ce sujet : le freelance ne sera jamais un salarié ».

Privilégier une relation à long terme avec les consultants plutôt que de garder un œil rivé sur l’enveloppe allouée, ce serait là l’une des pistes à explorer pour dénicher des profils qualifiés capables de s’imbriquer et de faire évoluer efficacement des projets en interne, comme nous l’explique Guillaume de Villèle : « La relation de long terme avec le client se construit. Je ne souhaite pas « vendre pour vendre ». Il m’est arrivé de dire à des clients « j’ai tel consultant qui est disponible, mais je ne pense pas que ce soit la bonne personne pour cette mission ». Dans ce cas, je préfère ne pas valider, prévenir du « risque », plutôt que de créer une situation où l’échec est quasi assuré. […] Je me dois de faire en sorte que le « match » soit réciproque. Autrement dit, si je déploie un freelance dans un endroit qui n’est pas fait pour lui, il ne reviendra pas. […] Notre cabinet est spécialisé et nous de travaillons qu’avec des experts que nous connaissons. C’est un réel avantage est c’est pour cela que nous sommes sélectionnés par rapport aux plateformes de freelances ».

Quid des plates-formes de mise en relation ?

Dans une optique de collaboration sur la durée, la solution de la plate-forme de mise en relation entre freelances et entreprises n’aurait-elle pas déjà atteint certaines limites ? C’est en pointillés ce que laisse entendre le fondateur de Ontrust : « La tendance est de choisir un CV parmi un catalogue, un peu comme Tinder sur la rencontre. Cette solution peut sembler pratique, mais en réalité, elle ne met pas en avant les soft skills, ne permet pas de comparaison entre les profils. On juge trop souvent sur l’apparence et les surprises sont souvent mauvaises. Dans toues les situations, il est important de connaître ses interlocuteurs, d’entretenir des relations, plutôt que de choisir des profils parmi une liste… pour au final tomber dans une sorte de consommation. J’ajouterais même que ce modèle est pernicieux pour les freelances : il chasse le rapport humain qu’ils sont pourtant venus chercher. Tout cela rend le marché du travail plus froid, plus dur. […] La sélection des experts se fait à la fois pour leur expertise et leur personnalité. C’est une question de rencontres, qu’importe si ce n’est que pour 15 jours. Si nous vous envoyons un profil, il faut qu’il y ait une relation de confiance, que la mayonnaise prenne. Il faut trouver l’alchimie entre le client et l’expert. Nous donnons les armes, la liberté aux freelances pour qu’ils soient les plus efficaces dans leurs missions ».

Sans parler de onboarding, Ontrust met en avant l’idée d’intégrer ses consultants dans sa démarche qualité, à ses valeurs, à sa manière de travailler : « Chez Ontrust, nous allons rencontrer le consultant une première fois pour cibler ses envies, son champ de compétences, ses mobilités, etc. dans le but de lui trouver la meilleure mission. En bientôt 10 ans d’existence, nous avons dû nous tromper une fois sur une personne. […] Passer du temps avec les freelances pour nous est primordial. Nous sommes différents des plateformes car nous ne vendons pas des freelances… nous vendons des missions qui sont faites pour des freelances ». D’où la différence fondamentale avec la majorité des solutions déployées sur le marché : « Nous portons la responsabilité de la mission, nous accompagnons les entreprises, nous accompagnons les freelances, alors il ne peut pas y avoir de mauvaise mission. Nous ne sommes pas entremetteurs, mais prestataires, et parfois même médiateurs lorsque des problèmes apparaissent au sein des missions. Nous nous engageons véritablement ».

Recruter efficacement des freelances : les conseils à suivre

En guise de conclusion, Guillaume de Villèle distille, de son point de vue, les bonnes pratiques à suivre pour recruter efficacement des freelances, et les intégrer dans la durée : « Les entreprises doivent définir le bénéfice qu’elles espèrent ! Selon les attentes les profils sera différent. […] L’erreur majeure serait de prendre un freelance pour un salarié, considérer qu’il va avoir envie d’un CDI et de faire carrière dans votre société. Il faut vraiment changer de « logiciel » par rapport au freelance. Néanmoins comme un salarié le freelance est humain, il a des temps de transport, a une famille, va avoir besoin d’avoir un bureau, d’être accueilli, écouté, d’avoir un rôle dans l’entreprise par rapport à son projet, etc. Une évidence diriez-vous mais force est de constater qu’il va régulièrement être reçu comme un prestataire, alors qu’il a besoin, comme quiconque, d’être considéré ! Comme il n’est pas salarié, il dispose d’une liberté de ton. Il n’a pas de contrainte hiérarchique : il faut profiter de cette liberté et le voir comme un coach. Ça reste un expert, il faut tirer parti de sa spécialité. Attention par contre à ne pas le prendre pour un gourou, ce n’est pas un profil à tout faire. On a parfois tendance à croire que le freelance est corvéable à merci, qu’il peut faire tout et n’importe quoi. Ce n’est pas parce que vous êtes freelance que vous devez travailler jour et nuit ! ».

Guillaume de Villèle, fondateur de Ontrust, a participé le 14 novembre 2018 à notre événement Les neufdixsept du Future of Work, organisé à Paris. Il est intervenu dans le cadre de la keynote « Freelances et entreprises, réussir la collaboration sur la durée ».