Le mouvement #MeToo commence à faire tâche d’huile. L’Associated Press s’en fait l’écho en prenant comme exemple les locaux de ModernWell, une entreprise basée à Minneapolis et née de la réflexion d’un groupe d’écriture.

Quand les espaces de travail s’inspirent du mouvement #MeToo

« Un espace collaboratif dont l’approche est centrée sur les femmes ». Voici comment se définit en quelques mots ModernWell, un concept ayant vu le jour en 2016, quelques temps après la dernière élection présidentielle américaine en date. Tombant tel un élément de réponse aux exigences réclamées après le lancement du hashtag #MeToo, ModernWell fait partie de ces espaces de travail n’acceptant uniquement que les femmes. Quand bien même les occupantes des lieux peuvent inviter leurs clients (hommes) dans l’espace, le temps de quelques heures.

La tendance est en vogue aux Etats-Unis, où le harcèlement sur le lieu de travail reste une préoccupation nationale. En marge d’une volonté de se protéger, ModernWell revendique aussi l’envie de créer une communauté de femmes et un environnement solidaire, comme une alternative au stéréotype de la culture de bureau. L’endroit ne se limite pas à proposer des bureaux. En plus de l’indispensable machine à café, ModernWell s’est doté de programmes de yoga, organise des conférences animées par des pontes, et met en avant l’idée pour les hôtes de développer leur network.

En sorte, il s’agit là d’une alternative aux WeWork, Wellio, etc., sans le baby-foot et l’ambiance habituelle des open space. Interrogée par AP, Renee Powers, membre de ModernWell ayant créé son entreprise Feminist Book Club entre les murs du lieu, s’étend sur les demandes propres aux femmes lorsqu’il est question d’espaces de travail : « Je pense que les femmes, en particulier, sont à la recherche d’espaces « sécurisés », où elles peuvent aller pour trouver l’inspiration, et plus important encore, sans risquer d’être interrompues. […] Là-bas, personne ne va me harceler sexuellement ».

ModernWell n’est évidemment pas le seul espace de travail pensé pour les femmes aux Etats-Unis. En pleine croissance, The Riveter s’est déjà déployé à Seattle et Los Angeles. Seule différence cependant, The Riveter accepte les hommes, mais laisse la priorité à la gent féminine. Sur les 2 000 membres que compte la communauté, environ un quart sont des hommes. Ouvert en 2016 à New York, The Wing fait également office d’exemple à suivre, avec ses 6 000 membres.