Ils sont nombreux. Ils sont même de plus en plus nombreux, par obligation. Quand un plan social pousse vers la sortie les salariés les plus âgés – une spécialité encore très française -, les seniors peuvent alors faire le choix de l’indépendance. Soit pour tenter une aventure dont ils rêvaient depuis longtemps, soit pour gagner la liberté de travailler et vivre à un rythme différent, plus découpé, plus en phase avec leurs aspirations.

Mais au fait, c’est quoi un silver entrepreneur ?

Derrière cet anglicisme se cache en fait un mot-valise, qui va définir un créateur, un chef d’entreprise, un freelance, arrivé dans la dernière partie de sa carrière. En bref, un profil en vogue : en France, le nombre de plus de 60 ans devrait atteindre les 30 millions d’ici l’horizon 2030 (contre 15 millions en 2016). Cette tendance dite des silver entrepreneurs va considérablement accélérer sur le moyen, et même sur le court terme. D’une part par l’effet mécanique de la courbe des âges comme évoqué quelques lignes plus tôt. La France prend de l’âge, et la part des silver croit. Ensuite par un engouement des français, y compris les quinqua/sexa, pour la création d’entreprises, notamment en statut d’indépendant. Et ce même si les silver entrepreneurs vont plus souvent créer par obligation que par véritable envie. Trouver un emploi en France, à 50 ans passés, est encore un combat.

Puisque les employeurs ont des réticences à déceler les qualités des silver, l’entrepreneuriat leur tend les bras. Expérimentés, leurs références en fond des prestataires recherchés. Ces profils atypiques, quoiqu’en pleine généralisation, peuvent également s’appuyer sur un réseau de contacts souvent très fourni, utile pour propulser l’entreprise dès son lancement. Paradoxalement, leur âge et leur expérience vont servir de caution dès lors qu’il va leur falloir convaincre des financeurs de projets.

Silver entrepreneur, ce n’est pas (encore) une sinécure

Pourtant, l’entrepreneuriat n’est pas un long fleuve tranquille ces mêmes silver. Lorsqu’ils ont effectué une carrière de salariés, ils sont amenés à affrontent des défis de tailles. A commencer par la maîtrise des outils propres aux indépendants, aux start-ups, aux petites entreprises. Slack, Dropbox, Mailchimp, WhatsApp, pour ne citer que ceux-là : pas simple de passer d’un monde où  le secrétariat dédié est la norme, et où l’accès aux outils de l’entreprise pour la gestion commerciale et les partages d’informations coule de source. Parallèlement à cette barrière, les silver doivent aussi découvrir, comprendre et exploiter les nouvelles formes de collaborations, d’innovations, d’espaces de travail et de modèles économiques. C’est également sans évoquer la question du patrimoine, à protéger, et aux engagements en cours, à assumer.

Curieusement, les silver sont encore souvent peu accompagnés à la création, car leur âge leur confère l’auréole de celui qui sait. A tort, car s’il est expert dans son métier, le silver primo créateur est un junior comme les autres dans le métier d’entrepreneur.

neufdixsept investit dès aujourd’hui dans le silver entrepreneuriat. neufdixsept accompagnera ce phénomène en pleine expansion, en partageant ici les témoignages et les tendances. Ces sujets permettront de faire le point et préparer l’arrivée d’un premier évènement autour du silver entrepreneuriat, ses tendances, ses enjeux, ses opportunités, prévu au second semestre 2019 à Paris.