Tous les territoires ne l’ont pas compris, mais le coworking peut aussi se conjuguer les pieds dans l’eau ou dans le sable. Du moins, avec le chant des mouettes.

L’appel de la côte ?

Nos côtes accueillent de plus en plus de population de freelances et télétravailleurs, parmi celles et ceux qui peuvent travailler d’où ils veulent. L’attractivité de ces régions est évidemment la même que celle qui poussent beaucoup à aller y poser leur sac, l’été, mais aussi hors saison.

Travailler d’où je veux. C’est de plus en plus possible. Alors pourquoi si peu de villes côtières font ce pari? A priori déjà parce que ces villes sont souvent devenue de véritables entreprises touristiques. Musées, stationnements, offices de tourisme, communication, etc. Elles gèrent mieux l’hébergement des saisonniers que celui des jeunes entrepreneurs. Comme toujours, il y a les territoires qui comprennent… et ceux où des collectifs d’entrepreneurs ou des entrepreneurs isolés prennent l’initiative de créer le premier lieu de coworking, de faire émerger le premier collectif.

Des grandes villes que la mer booste

Les grandes villes comme Nice, Toulon et bien entendu Marseille voient les lieux émerger. Initiatives des territoires mais aussi et surtout initiatives d’entrepreneurs comme SMACK, le lieu de coworking, de formation, de réunion et d’animations en plein coeur de Marseille. Les nombreux freelances qui s’installent au soleil de la Méditerranée ont aussi et surtout besoin de créer leur réseau de contacts. Un lieu donc mais surtout une communauté de professionnels. SMACK accueille également un grand nombre de freelances étrangers de passage en Provence. Si la frontière vacances/travail est poreuse chez les entrepreneurs indépendants, cela conduit les villes touristiques à proposer la bulle « travail » pour des visiteurs, vacanciers mais toujours entrepreneurs.

A Sète c’est un collectif qui a créé le premier espace : Sète en commun. Une initiative d’Eugénie Bugain, qui a largement mobilisé une communauté de freelances, le plus souvent néo sétois. Le projet, faute de moyens, se réinvente aujourd’hui mais n’a pas reçu d’appui des acteurs publics. Tout l’enjeu sera pour la collectivité d’aider l’initiative, sans en couper la dynamique collective par une ingérence trop forte.

Des villes balnéaires et freelances friendly… ou pas

En Vendée, à Saint Jean de Mont, c’est la Folie, le nom du lieu initié par la collectivité. Un espace de coworking et un ensemble de services dédiés aux jeunes entreprises avec une offre d’incubation. Le tout à l’ombre du Palais des Congrès et à une encablure de la plage. Une communication très marine et un message clair : venez entreprendre et vivre au bord de l’océan. Le message porte, et plusieurs startups s’y sont installées.

A Crozon, sur la pointe Bretagne, l’initiative est collective et portée par une association : le coworPIC (Presqu’Ile de Crozon). Dès 2015 un collectif, transformé en association l’année suivante, abouti très vite à la création d’un premier lieu entre boutique, atelier et espace de coworking. Depuis un an, un nouvel espace de 200m2 permet l’accueil dans de bonnes conditions des coworkers et des entrepreneurs qui souhaitent travailler en mode collectif. Le projet a reçu l’appui ponctuel du Pays de Brest.

A Plougasnou, dans les Côtes d’Armor, c’est une initiative de Corentin Biette, qui a permis la création d’un premier espace de coworking dans cette petite commune du littoral nord breton. L’espace et la communauté de freelances ont ensuite créé l’Embarcadère et été accueillis par les dirigeants de l’entreprise Global Seafood, qui occupait une partie seulement de locaux en bord de mer.

Les dirigeants de l’entreprise ont vite compris l’intérêt de la proximité avec d’autres entrepreneurs, d’autres compétences. L’espace, occupé par 6 freelances (dont un télétravailleur cadre RH d’une entreprise américaine majeure), installé sur la commune, n’a cependant pas trouvé grâce aux yeux des élus locaux. Si la contrainte d’occupation de l’espace par une activité liée à la mer est compréhensible, la décision de chasser ces freelances est contre productive pour l’économie d’un territoire qui en a pourtant besoin. Ne pas utiliser son principal atout et démobiliser l’initiative d’entrepreneurs, voila les deux erreurs de ces territoires qui ne saisissent pas que l’entrepreneuriat a changé et que de nouveaux leviers d’attractivité sont à leur portée.

Bref, cet été, n’hésitez pas à vous arrêter dans les espaces de coworking du lieu de vos vacances. Ils vous feront découvrir l’écosystème qui bouillonne derrière les plages !