La donnée est évocatrice : en 2017, un cadre sur trois a changé de poste.

Les cadres ont plus que jamais la bougeotte

Plus encore : en marge de cette donnée fournie par l’Association Pour l’Emploi des Cadres (Apec) dans le cadre de son baromètre annuel de la mobilité des cadres (pour l’année 2017 donc), nous apprenons dans la foulée que pas moins de deux tiers des cadres actuellement en poste envisagent eux aussi de sauter le pas. Plus précisément, ce sont 30,6% des cadres qui ont fait l’objet d’une mobilité professionnelle dans le courant de l’année 2017. Un chiffre en hausse vis à vis de 2016 (28%) et de 2015 (25%). Dans les 3 ans à venir, 64% seraient prêts à se laisser tenter par l’option de la mobilité professionnelle, en interne (42%), en externe (39%), mais aussi en créant leur propre entreprise.

Parmi ces cadres, 9% ont amorcé un changement de poste en interne, 14% une modification de poste ou de service, quand 8% ont carrément profité de la conjoncture pour changer de société. Sur ce dernier point, c’est mine de rien une évolution de 1,4 point qui se traduit sur un an. Et ça n’a rien d’un hasard : « près de 269 000 emplois marchands ont été créés en France en 2017 selon l’Insee (+1,07%) », ce qui explique en partie cette bougeotte de la part des cadres, et leur statut envié. Plus de 6 cadres sur 10 ont réussi leur mobilité sans être touché par le chômage (+3 points sur un an). D’ailleurs, dans 58% des cas, ce sont les cadres eux-mêmes qui sont à l’origine de leur départ, quand bien même les licenciements économiques affichent une légère hausse (+2,5 points). La rupture conventionnelle, elle, perd 3 points en un an.

Ce sont les cadres les plus jeunes qui sont le plus concernés par cet effet : le taux de mobilité externe est de 23% chez les moins de 30 ans, et de seulement 4% chez les plus de 50 ans. De quoi pousser les entreprises à chouchouter leurs jeunes recrues, et à appliquer dans la foulée une politique RH basée sur la fidélisation : les moins de 30 ans bénéficient à 56% de changements en interne, contre 23% pour les plus de 50 ans. Pour corréler cette donnée, soulignons que 57% des recrutements concernent les cadres ayant bénéficiant de 1 à 10 ans d’expérience.

Sans surprise, ce sont les entreprises de grande taille (plus de 250 salariés) qui proposent le plus de possibilités sur la question de la mobilité interne, en impliquant 25% de leurs cadres, contre 16% dans les entités de plus petite taille. Cette volonté de faire bouger les lignes s’explique de manière simple : dans près d’un cas de mobilité en interne sur deux, c’est une réorganisation ou restructuration de l’entreprise qui sert de cause. Ce qui permet aux cadres d’augmenter en compétence (12%), mais aussi de gagner en responsabilité (16%).