coworking MOFFI

Arnaud Coisne (MOFFI) : « Le coworking est un accélérateur qui permet de se développer plus vite »

Aborder l’angle du coworking quand on est une entreprise n’a à priori rien de naturel. Entre déploiement du télétravail en s’appuyant sur des espaces de coworking, implantation du corpoworking au sein de son entreprise, mise en place du flex office, de remote, les solutions ayant pour socle ce mode de travail sont nombreuses. Sujet central pour les entreprises en mutation, nous avons pris le temps d’aborder le coworking sous ses différentes formes avec Arnaud Coisne, le co-fondateur et CFO de MOFFI, une application qui simplifie le télétravail et destiné aux travail en flexoffice et la gestion des bureaux flexible.

Coworking et entreprises, une évolution inévitable ?

Né sous l’impulsion de freelances et jeunes startups, le coworking a depuis évolué pour répondre aux nouveaux besoins des entreprises. A commencer par celui de la flexibilité, comme l’explique Arnaud Coisne : « Au départ, le coworking avait pour objectif de rassembler et créer des communautés de travailleurs. Il se destinait donc plutôt aux personnes « isolées ». On s’est rapidement rendu compte qu’il adressait un besoin de flexibilité, d’agilité pour les entreprises. Ce format permet aux entreprises de mieux absorber l’augmentation du nombre de collaborateurs en période de croissance forte. C’est également une façon d’apporter une dimension d’ouverture vers l’extérieur et d’augmenter la créativité des équipes. En leur permettant de se retrouver dans des espaces tiers, et donc de sortir un peu de la culture d’entreprise de manière temporaire. Notamment pour les équipes innovation, le coworking est parfois une bonne alternative. »

Phénomène plus que jamais en expansion en 2019, le coworking est évidemment amené à muer dans le futur. MOFFI revendique d’ailleurs sa vision : « Pour nous, le coworking est une tendance de fond, lié à un phénomène de société qui s’oriente vers l’économie d’usage plus que de propriété. C’est permettre de faire évoluer les espaces de travail, les bureaux facilement. […] Le coworking c’est aussi un moyen pour chacun de s’approprier un environnement. » Et accessoirement, de trouver une certaine liberté dans la gestion de son temps : « Aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies, nous n’avons plus besoin systématiquement d’évoluer dans un environnement sédentaire. L’ordinateur est notre outil de production. Cet outil amène une liberté pour chacun des travailleurs, les interactions pour collaborer sont multiples sans nécessairement de présence physique. Finalement, la tendance du coworking, c’est une réponse à ce besoin-là pour continuer à avoir du lien, pour continuer à travailler avec d’autres personnes et à générer du réseau. […] Le coworking est aussi un lieu de socialisation pour les travailleurs indépendants, qui permet de conserver un lien social, d’apporter à la fois une expérience enrichissante et de la fluidité. »

Un discours qui se vérifie dans la pratique, et Arnaud Coisne a en tête deux exemples concrets d’entreprises ayant mis en place une stratégie affirmée autour du coworking : « Orange a pris des cellules dans des lieux de coworking. Cela permet à l’entreprise d’avoir ses propres bureaux, de conserver sa culture d’entreprise, mais d’être dans un environnement ouvert. Pour prendre un autre exemple, Red Bull a décidé de passer par le coworking pour bénéficier d’une certaine flexibilité sur la manière dont l’entreprise va gérer son développement. C’est aussi l’occasion de travailler dans un environnement ouvert, qui va coller à l’image de Red Bull, à l’image de leurs collaborateurs. Quand bien même il s’agit avant tout de gérer un accroissement d’activité, tout en conservant une certaine flexibilité. Voilà donc deux exemples d’entreprises reconnues, qui ont chacune leur manière d’aborder le coworking. Pour l’une (Red Bull), ce levier va lui servir à accompagner son développement, pour l’autre (Orange), c’est l’occasion de développer une culture d’entreprise qui sort de l’environnement habituel. Garder sa culture d’entreprise, soit, mais en profitant de l’environnement et de la dynamique autour. » Ceci étant, impossible d’occulter les indissociables limites au déploiement du coworking : « Il est primordial d’accompagner le management. Pour une entreprise, lorsque que l’on veut mettre en place ce genre de système – la mise en place du télétravail, dans un sens -, il faut accompagner le management avec beaucoup plus de proximité, développer un management par mission. J’ai en tête des exemples assez clairs. Des entreprises qui sont parties sur le remote – là on pousse à l’extrême la manière dont on développe le télétravail -, sont revenues en arrière après s’être rendu compte qu’aujourd’hui, leur culture d’entreprise n’était pas suffisamment forte pour pouvoir permettre ce mode de travail. En laissant cette nouvelle liberté, les collaborateurs avaient du mal à revenir au sein de l’entreprise. Or il est indispensable de conserver cette culture d’entreprise. Il faut trouver la bonne alchimie entre la liberté donnée aux collaborateurs de travailler où ils le souhaitent, tout en conservant l’esprit culturel et « corporate » de l’entreprise ». Et l’idée de communauté également : « Chez Moffi, nous sommes convaincus que l’entreprise gagne en travaillant avec ses partenaires et avec son écosystème. En ce sens, [le coworking] est un accélérateur qui permet de se développer plus vite, avec des interactions plus rapides ».

Le coworking comme levier d’attractivité ?

Et demain, toutes les entreprises devront-elles revendiquer au moins une brique coworking au sein de leur stratégie ? « Le coworking est un moyen. Dans le cas de la marque employeur par exemple, ce qui est véritablement important, c’est la façon dont sont proposées les nouvelles façons de travailler. La posture managériale va avoir un impact sur la marque employeur, sur la capacité à aller recruter des talents que l’on n’aurait pas forcément pu toucher avec une organisation de travail traditionnel. Le coworking peut aussi parfois palier à un éloignement géographique, permettre de bénéficier d’un vivier de talent plus éloigné que si l’on demandait au collaborateur de venir travailler quotidiennement dans l’entreprise. Ce n’est donc pas le coworking en tant que tel qui apporte tout cela, mais le fait de mettre en place des politiques liées aux nouvelles organisations de travail. Cela nous met mécaniquement dans une posture changeante, et qui va donc modifier l’image que l’on va renvoyer vis à vis des collaborateurs et des potentiels talents. Ce mode de travail a une incidence sur la capacité à recruter, à condition de travailler sur ses valeurs, le sens de l’entreprise et les affirmer. Enfin, par rapport aux jeunes qui arrivent sur le marché du travail, une grande majorité est attirée par cette confiance, par cette liberté véhiculées par ce mode de travail ».

Les commentaires ne sont pas autorisés

Suivez-nous !

Chaque semaine dans votre boîte mail, un condensé de conseils et de nouvelles entreprises qui recrutent.

Et sur nos réseaux sociaux :

© 2019 neufdixsept | Tous droits réservés | Mentions légales | Politique de confidentialité